Prix du civisme 2019

JPEG

Historique

Au début des années 2000, la réalisatrice Manon Barbeau écrit un scénario de long métrage de fiction intitulé La fin du mépris avec une quinzaine de jeunes Atikamekw de Wemotaci. Parmi ces jeunes, Wapikoni Awashish, modèle positif de sa communauté, est la figure de proue du groupe. En mai 2002, alors qu’elle n’a que 20 ans et qu’elle déborde de projets, Wapikoni meurt dans une collision entre sa voiture et un camion chargé de bois.

Déjà profondément touchée par les nombreux suicides chez les jeunes de la communauté, Manon Barbeau est bouleversée par la mort accidentelle de sa plus proche collaboratrice. Elle conçoit alors l’idée d’un studio mobile comme lieu de rassemblement, d’intervention et de création audiovisuelle et musicale pour les jeunes des Premières Nations et le baptise Wapikoni mobile en hommage à Wapikoni Awashish.

Cofondé en 2003 par Manon Barbeau, le Conseil de la Nation Atikamekw et le Conseil des jeunes des Premières Nations du Québec et du Labrador, avec le soutien de l’Assemblée des Premières Nations et la collaboration de l’Office national du film du Canada, le lancement du Wapikoni mobile a eu lieu en 2004 dans le cadre du festival Présence autochtone à Montréal.

Depuis, le Wapikoni mobile circule dans les communautés autochtones et offre aux jeunes des Premières Nations des ateliers permettant la maîtrise des outils numériques par la réalisation de courts métrages et d’œuvres musicales. À chacune de ses escales, des « cinéastes-accompagnateurs » accueillent une trentaine de jeunes participants en formation à toutes les étapes de la réalisation.

Wapikoni en bref

• Des studios ambulants dotés d’équipements à la fine pointe de la technologie qui « roulent vers » les communautés autochtones
• 89 communautés (44 au Canada, 32 au Québec et 45 à l’international), de 27 nations différentes dont 14 au Canada et 13 à l’étranger
• 5000 participant.es formé.es ou initié.es au cinéma documentaire ou à l’enregistrement musical depuis ses débuts, auxquels s’ajoutent 300 à 500 nouveaux participants par année
• 70 courts métrages et 30 enregistrements musicaux réalisés chaque année au Canada et à l’étranger.
• Une collection unique au monde de plus de 1145 films et 750 musiques, une contribution exceptionnelle au patrimoine culturel des Premières Nations.
• 170 prix et mentions remportés dans de prestigieux festivals nationaux et internationaux.
• Plusieurs distinctions accordées au Wapikoni mobile dont le prix de l’Innovation interculturelle 2014 de l’Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC) et le Groupe BMW, le Prix Droits et Libertés 2011, le Prix d’honneur du Festival Plural +, festival organisé par l’UNAOC et l’Organisation internationale pour les migrations (IOM), ou encore le 28e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, catégorie Cinéma.
• Des milliers de kilomètres s’ajoutent au compteur des studios ambulants avec les nouvelles communautés rejointes chaque année.
• Un organisme à but non lucratif et un organisme de charité enregistré qui emploie une douzaine de personnes dans ses bureaux administratifs et environ 60 contractuels sur le terrain, dont le tiers est autochtone.

Approche novatrice

La mobilité fait partie intégrante de l’approche du Wapikoni : nous « roulons vers » les jeunes des communautés autochtones pour leur offrir des ateliers pratiques adaptés à leur réalité et à leur culture.

Une méthodologie qui développe l’estime de soi, les compétences et la résilience
Les jeunes participent à des ateliers pratiques sur le terrain selon une méthode pédagogique élaborée par la cinéaste Manon Barbeau en collaboration avec des professionnels du cinéma : « apprendre en faisant ». Ces ateliers couvrent autant la scénarisation et la réalisation que les aspects plus techniques de la caméra, de la prise de son et du montage. Les apprentissages sont rigoureux et étroitement encadrés par deux jeunes cinéastes accompagnateurs professionnels et un assistant-formateur issu de la communauté et formé par le Wapikoni. Un intervenant jeunesse et un coordonnateur autochtone s’ajoutent également à l’équipe. Avant le départ, des formations sont offertes aux équipes terrain sur des thématiques touchant la culture, l’histoire et la réalité sociale des Premières nations. Découvrez notre équipe de cinéastes-formateurs Le résultat au terme des ateliers d’un mois : des courts métrages et des créations musicales fortes, originales et d’une grande qualité technique, des participants valorisés par les compétences acquises, et par la présentation publique de leurs œuvres devant les membres de la communauté.

L’écoute active : notre première méthode d’intervention
De nombreux jeunes ont besoin de partager les problèmes auxquels ils font face à la maison et dans leur vie quotidienne. Notre présence ponctuelle, mais récurrente, fait en sorte qu’ils se confient, assurés d’une confidentialité rare dans un petit village où tout le monde se connait. Nous prenons les participants là où ils en sont, tant sur le plan personnel que créatif. Toutefois, la courte durée de notre séjour limite les possibilités d’intervention à long terme. Notre mandat est donc de mettre en contact les participants en difficulté avec un « intervenant de suivi » de la communauté. D’une escale à l’autre, une relation de confiance de plus en plus profonde s’établit entre l’équipe et les participants et l’intervention passe alors à un niveau plus personnalisé.

En accord avec la communauté : assurer la continuité
Le Wapikoni mobile intervient dans les communautés à l’invitation des Conseils de bande. Afin de prendre une décision éclairée sur le choix des communautés que nous visiterons, l’équipe du Wapikoni évalue les besoins des communautés tout en gardant en tête une vision de développement à long terme des compétences des participants. Cette intervention à long terme est essentielle pour obtenir un impact durable auprès des jeunes et des communautés. Afin d’assurer la continuité et l’approfondissement des connaissances, nous retournons plusieurs fois dans les mêmes communautés. Des ateliers de perfectionnement avec différents partenaires (UQAM, KaMamukanit, projet Apatapela, Institut de l’éducation Sami, etc.) sont de plus organisés pour les participants les plus motivés et les plus prometteurs.

Services audiovisuels : formation continue
Le Wapikoni offre aussi des services audiovisuels aux communautés et à différents organismes pour réaliser des vidéos pour lesquels sont jumelés un participant avancé et un cinéaste senior. Cette nouvelle initiative permet à ces participants d’obtenir des contrats rémunérés grâce auxquels ils accèdent progressivement à un statut professionnel En développant des compétences chez les jeunes des Premières Nations, le Wapikoni mobile forme une relève artistique en vidéo et en musique contribuant à l’émergence d’une nouvelle génération de leaders. Notre travail contribue également à enrichir le patrimoine culturel des Premières nations et à la création d’une cinématographie autochtone au Québec.

Studios ambulants

En rassemblant les jeunes autour d’activités positives et valorisantes, la venue du Wapikoni mobile offre « un répit » aux communautés souvent aux prises avec de graves problématiques sociales.

Parfois qualifié de « maison des jeunes » sur roues, le Wapikoni mobile accueille aussi parfois des enfants, des parents et des grands-parents qui s’impliquent de différentes façons dans projets créatifs des jeunes.

Nos studios ambulants offrent :
• Un lieu de création équipé des plus récentes technologies numériques en réalisation audiovisuelle et musicale
• Un lieu de formation et de transfert de compétences grâce à l’expertise d’équipes spécialisées et dévouées
• Un espace sécuritaire et chaleureux pour les jeunes qui vivent des situations personnelles et familiales difficiles
• Un support de première ligne et un service de référence auprès des ressources du milieu
• Un environnement propice à la communication et aux relations intergénérationnelles essentielles à la transmission des traditions et des pratiques culturelles entre jeunes et aînés
• Un lieu d’accueil et de projection pour le public et les média lors d’événements spéciaux, forums, colloques, expositions, lancements et autres.

Mission, valeurs et objectifs

Mission
• Combattre l’isolement et le suicide chez les jeunes des Premières Nations en développant des compétences artistiques, techniques, sociales et professionnelles

• Diffuser les films réalisés et sensibiliser différents publics face aux enjeux des Premières Nations en valorisant une culture riche et trop souvent méconnue.

• Contribuer à la sauvegarde du patrimoine culturel des Premières Nations

Valeurs
• Respect
• Solidarité
• Équité

Objectifs
• Intervention : Réduire le taux de suicide, l’isolement, le décrochage scolaire, les dépendances et la criminalité. Promouvoir de saines habitudes de vie pour une meilleure santé globale.

Formation  : Développer des compétences artistiques, sociales et professionnelles par la maîtrise d’outils technologiques liés à l’audiovisuel et à la musique.

Médiation  : Créer des ponts et favoriser la rencontre et les échanges culturels entre Premières Nations et allochtones par des actions innovatrices qui facilitent la réappropriation et l’expression de la culture pour les uns et la découverte de cette culture pour les autres.

Création d’emplois : Développer des compétences multiples et l’empowerment, favoriser le perfectionnement professionnel des participants et leur intégration au marché au travail.

Croissance économique : Contribuer à l’autonomie financière des participants et à leur participation à l’économie de leur communauté et de la société en général.

Réseautage  : Favoriser le réseautage entre les jeunes créateurs autochtones au Québec, au Canada et à l’étranger.

• Créer un impact positif, durable et profond : voilà ce qui inspire tous les membres de notre équipe.

Reconnaissance Publique

Depuis 2004, les courts métrages du Wapikoni ont reçu 170 prix et mentions dans des festivals à travers le monde. Le travail du Wapikoni et des cinéastes autochtones a également été souligné par plusieurs organismes canadiens et internationaux :

• Parmi les 10 finalistes du Prix mondial du Pluralisme, en reconnaissance de ses réalisations exceptionnelles qui favorisent l’inclusion dans des sociétés du monde entier. Ce prix est remis par le Centre mondial du Pluralisme, fondé par Son Altesse l’Aga Khan et le gouvernement du Canada.

• Parmi les 10 finalistes mondiaux pour le Prix de l’Innovation interculturelle 2014 décerné par l’Alliance des civilisations des Nations Unies - UNAOC et le groupe BMW en présence de Ban Ki-moon, alors secrétaire général des Nations unies.

• Certificat de reconnaissance de la Commission de vérité et réconciliation (CVR) pour l’importance des films du Wapikoni et du travail en sensibilisation.

• Zone réservée exclusivement au Wapikoni mobile pour exposer photos et courts métrages lors de la prestigieuse World Press Photo 2015 à Montréal pendant 4 semaines en septembre, attirant plus de 55 000 visiteurs.

• Mention d’honneur créée spécifiquement pour le Wapikoni au Festival Plural+, organisé par l’Alliance des civilisations des Nations Unies (UNAOC) et l’Organisation internationale pour les migrations (IOM) à New York en 2013.

Prix du Conseil des arts de Montréal (CAM) 2012 - catégorie cinéma pour « l’excellence des projets artistiques issus de cette initiative ; le support accordé aux jeunes artistes issus de la diversité ; l’extension de projets et d’actions sur la scène montréalaise ; la résilience et le dynamisme dont les responsables ont fait et font toujours preuve ».

L’Organisation des États américains a choisi le Wapikoni mobile pour représenter le Canada dans son recueil de Pratiques fructueuses en 2011, comme faisant partie des « initiatives culturelles ayant influencé certains aspects du développement, tels que la réduction des taux de violence, de pauvreté et le décrochage scolaire, entre autres, et qui de plus, ont engendré la construction de sociétés plus justes et égalitaires ».

Prix Droits et Libertés 2011 décerné par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (CDPDJQ).

• Le Wapikoni bénéficie du patronage de la Commission canadienne pour l’UNESCO.

• Appuis de l’Assemblée de Premières Nations du Canada (APN), l’APNQL, Amnistie internationale et OXFAM.

La cinéaste québécoise et présidente de Wapikoni Mobile, Manon Barbeau, a été nommée Chevalier dans l’Ordre des Arts et Lettres par la République française. Cette distinction lui a été remise par la Consule générale de France à Québec, le 12 septembre 2018.

Dernière modification : 13/06/2019

Haut de page