La Légion d’honneur à Monsieur Jean-Jacques Laurans

Discours prononcé par
l’Ambassadeur de France au Canada,
M. François Delattre
à l’occasion de la remise des insignes
de Chevalier dans l’Ordre national
de la Légion d’Honneur
À Monsieur Jean-Jacques Laurans
(Ambassade de France, 5 novembre 2010)



Monsieur le Consul Général, Cher Pierre,
Monsieur le Consul général de Suisse,
Madame et Messieurs les Conseillers à l’Assemblée des Français de l’Etranger, Cher Jacques Janson, Cher François Lubrina, Chère Janine de Feydeau,
Monsieur le Président, Cher Alain Lellouche, Chère Madame,
Cher Jean-Jacques Laurans, Chère Madame,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,

C’est un plaisir tout particulier pour mon épouse Sophie et pour moi de vous accueillir ce soir à l’Ambassade de France, ou plus précisément à notre Résidence, pour cette cérémonie en l’honneur d’une personnalité exceptionnelle, notre compatriote et ami Jean-Jacques Laurans.

Je voudrais souhaiter la bienvenue à chacune et chacun d’entre vous : proches et amis de Jean-Jacques, vous êtes venus pour la plupart d’entre vous de Montréal afin de lui témoigner votre soutien et votre admiration en ce jour important. Permettez-moi de saluer plus particulièrement ceux d’entre vous qui avez traversé l’Atlantique pour partager ce moment avec lui et autour de lui.

Cher Jean-Jacques, votre famille, particulièrement soudée autour de vous, est très bien représentée ce soir. Je voudrais souhaiter chaleureusement la bienvenue à vos proches qui vous entourent : votre épouse Marie-Paule bien sûr ; votre sœur Christiane et son époux, l’Amiral Bertrand de Loustal –c’est un honneur, Amiral, de vous accueillir ce soir ; vos frères Gérard et Albert Laurans ; votre fille Murielle Laurans –qui vit à Montréal en tant que médecin urgentologue- et son époux Jérôme Foulon ; votre fille Christine Barnes –qui vit pour sa part à New York, où elle est pédopsychologue- et son époux Barry Barnes.

Permettez-moi de saluer également M. André Bourbeau, ancien ministre du gouvernement québécois et ancien président d’Hydro-Québec.

Cette Ambassade est un lieu particulièrement adapté pour exprimer à Jean-Jacques Laurans la reconnaissance de la Nation. Construite entre 1936 et 1939, l’Ambassade est en effet non seulement une remarquable illustration du style Art Déco de cette période, considérée comme l’un des joyaux de notre réseau diplomatique, mais elle est aussi par elle-même un hommage à la relation d’exception qui unit la France, le Canada et le Québec.

Le fait que la France de la fin des années 1930, alors même qu’elle était consciente d’être irrémédiablement entraînée vers la Seconde Guerre Mondiale, ait envoyé sur les bords de l’Outaouais parmi les tout meilleurs de ses architectes et de ses artistes pour concevoir, bâtir et décorer ce magnifique édifice en dit long sur l’importance particulière que la notre pays attache depuis l’origine à sa relation avec le Canada et avec le Québec, qui est en face de nous de l’autre côté du fleuve.

C’est donc dans ce lieu chargé d’histoire et de symboles que Jean-Jacques Laurans deviendra, dans quelques instants, Chevalier de la Légion d’honneur.

Here I would like to say a few words in English to welcome our Anglophone friends and to underline the importance of the Legion of Honor. The French Legion of Honor was established to reward outstanding services rendered to France, on the basis of personal merit. Since its creation by Napoleon Bonaparte in 1802, the Legion of Honor has been France’s highest recognition and one of the most coveted distinctions in the world.

Cher Jean-Jacques Laurans, vous êtes montagnard d’origine, né en Savoie d’un père ingénieur à la SNCF et d’une mère d’abord infirmière, devenue mère au foyer pour s’occuper de ses enfants. Vos parents vous ont transmis cet amour de la famille qui est l’un de vos traits.

Après des études et des obligations militaires en France, vous entrez dans la vie active en 1968, en intégrant à Genève le groupe financier international Securities Management Company.

De 1968 à 1983, vous occupez différents postes de direction au siège du groupe, à Genève toujours, puis vous rejoignez Annemasse, en France, pour devenir directeur de la compagnie EuroGestion, une filiale de la Banque de l’Union européenne industrielle et financière.

C’est durant votre séjour en Suisse que vous rencontrez votre future épouse, avec qui vous célébrez cette année votre 40e anniversaire de mariage. Je voudrais ce soir la saluer tout particulièrement et lui dire combien cet hommage rendu à Jean-Jacques Laurans s’adresse également à elle pour son engagement de tous les instants à ses côtés.

Cher Jean-Jacques, votre aventure canadienne débute en 1983. C’est à cette date en effet que vous rejoignez le Canada et y fondez le Groupe Alfid, une compagnie spécialisée dans la prestation de services immobiliers. Sous votre direction et impulsion, le groupe se développe rapidement et diversifie ses activités dans la construction, les services de sécurité, l’administration d’immeubles, l’entretien et le courtage.

Parti d’un bureau de 3 personnes, le Groupe Alfid compte aujourd’hui plus de 300 collaborateurs. Avec un actif sous gestion de plus de 600 millions de dollars, il fait partie des principaux groupes immobiliers du Québec. Je suis heureux de saluer ce soir plusieurs membres du Groupe Alfid qui, aux côtés de Jean-Jacques Laurans, sont avec lui des acteurs de ce succès.

Mesdames, Messieurs, les Laurans, c’est un trait familial, s’investissent profondément dans la vie sociale et caritative, auprès de diverses institutions. Ils sont reconnus pour leur écoute, leur sens exemplaire de l’éthique, et leur grande générosité. Un deuxième trait de famille, qui est vraiment une marque de fabrique de la famille Laurans, c’est leur discrétion et leur inaltérable modestie.

Et vous-même, Cher Jean-Jacques, portez cette modestie familiale –qui n’est pourtant pas la qualité toujours la mieux partagée dans notre pays – à un niveau rarement égalé. Il a fallu du reste que plusieurs bonnes fées prennent les choses en main, de Janine de Feydeau à Alain Lellouche en passant par bien d’autres de nos invités présents ce soir, pour rendre possible notre cérémonie aujourd’hui.

Mon Cher Jean-Jacques, en parallèle à votre brillant parcours professionnel, votre engagement au service de la communauté, au service aussi de l’amitié qui lie la France au Canada et au Québec, prend les formes les plus variées -je n’en mentionnerai ici que quelques-unes.

Vous avez mis à plusieurs reprises, et à titre gracieux, votre expérience de l’immobilier au service de nos institutions, que ce soit pour l’évaluation des propriétés du gouvernement français, pour la recherche et le choix final de la relocalisation sous le même toit des services de notre Consulat général à Montréal, du poste économique et d’Ubifrance, ou encore pour la mise à disposition dans des conditions optimales de locaux destinés à abriter la Chambre de Commerce Française au Canada.

Vous êtes très engagé précisément dans les activités de cette Chambre de Commerce, que vous avez présidée de 1998 à 2000 et dont vous êtes aujourd’hui un administrateur et l’un des principaux soutiens – et je ne peux m’étendre ici faute de temps sur vos responsabilités au sein de l’UCCIFE, l’Union des chambres de commerce et d’industrie françaises à l’étranger.

Je suis très heureux de saluer ce soir la directrice de la Chambre, Mme Véronique Loiseau, et je sais que sa présidente Myriam Pairault, retenue en France par des obligations familiales, est très présente avec nous par le cœur et la pensée.

De même, Cher Jean-Jacques, sous la ferme et bienveillante présidence de notre ami Alain Lellouche, vous êtes depuis 1998 un membre actif de la Section canadienne des Conseillers du Commerce extérieur, dont vous êtes également membre du bureau exécutif et trésorier. Ainsi avez-vous contribué de manière décisive au succès de nombreuses manifestations comme les différents Symposium des CCE des Amériques, pour ne prendre que cet exemple.

D’une disponibilité exemplaire, vous donnez de précieux conseils aux PME désirant s’implanter au Québec, et vous accueillez ou favorisez le placement de nombreux stagiaires et VIE venus de France.

De manière plus générale, vous contribuez depuis de nombreuses années, de manière constante et avec cette discrétion qui toujours vous caractérise, à la vie et au développement de la communauté française au Québec. A titre d’exemples, vous êtes administrateur –et ancien Président- du Rotary Club de Montréal Ville-Marie, administrateur de Jeunesse musicale Canada et du Concours musical international de Montréal, Président du Club d’athlétisme de haute performance Montréal olympique, qui forme des athlètes d’élite en vue des Jeux olympiques, et également Président de l’Autre théâtre, organisme favorisant l’épanouissement des personnes atteintes de déficiences intellectuelles.

I would like to add, for our Anglophone friends, that each decision to bestow a Legion of Honor is taken at the highest level of the French State by the President himself. It is therefore President Nicolas Sarkozy who personally decided to confer this distinction of our highest national Order to Jean-Jacques Laurans.

Cher Jean-Jacques, pour votre engagement personnel exemplaire au service de notre pays, au service des autres et en faveur aussi de la relation d’exception qui unit la France, le Québec et le Canada, le Président de la République a décidé de vous décerner la haute distinction que je vais à présent vous remettre.

Jean-Jacques Laurans, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur./.

Dernière modification : 16/08/2011

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