L’Ordre national du Mérite à Mme Myriam Aoufir-Pairault

Intervention de l’ambassadeur de France au Canada, M. François Delattre,
à l’occasion de la remise des insignes de
Chevalier dans l’Ordre national du Mérite à
Mme Myriam Aoufir-Pairault, Présidente de la Chambre de commerce française au Canada
(Montréal, le 25 mai 2010)



Madame la Présidente, Chère Myriam Aoufir-Pairault,
Monsieur le Consul général, Cher Pierre,
Monsieur le Président de la section des Conseillers du Commerce extérieur du Canada, Cher Alain Lellouche,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

C’est un plaisir tout particulier pour moi d’être avec vous ce soir dans ce superbe Sofitel de Montréal. Nous sommes réunis en effet pour honorer une femme d’exception, l’une des personnalités françaises du Canada les plus talentueuses et les plus engagées au service du rayonnement économique de notre pays, l’une des plus engagées aussi au service de la relation unique qui lie la France, le Québec et le Canada dans son ensemble.

Je suis très heureux d’accueillir les amis de Myriam Aoufir-Pairault mais aussi ses proches, dont plusieurs sont venus de loin pour exprimer à Myriam leur admiration et partager ce moment avec elle. Permettez-moi de saluer notamment sa mère, Mme Josée Aoufir, qui est venue spécialement de Paris pour être avec Myriam ce soir, son époux Denis, que je voudrais étroitement associer à cet hommage, ses trois enfants Julie, Brice et Fannie ainsi que sa cousine qui est venue d’Ottawa.

Chère Myriam, vous êtes née à Bordeaux, et cet ancrage dans la France des vins et des terroirs ne vous a pas empêchée très tôt de prendre le large, sitôt après vos études secondaires, pour aller découvrir d’autres horizons. Il faut sans doute y voir à la fois l’expression de votre tempérament et l’influence de vos racines marocaines, du côté de votre père, qui vous poussent à aller toujours au-delà de l’horizon. Vous êtes du reste trilingue dès votre jeune âge, en français, anglais et allemand.

Vous commencez par la Suisse, près de Montreux. Après le Lycée Camille Julian, puis une année de science économique, vous obtenez en effet un diplôme en administration hôtelière de l’Institut International de Glion, dont vous sortez major de votre promotion. Forte de ce brillant résultat, vous traversez l’Atlantique et perfectionnez vos connaissances au sein de la prestigieuse Université Cornell d’Ithaca aux Etats-Unis.

Puis vous migrez vers Montréal afin d’acquérir une maîtrise en expertise comptable à l’Université Mc Gill, compétence que vous complèterez encore par la suite à Montréal et à Toronto.

Durant les années suivantes, vous exercez vos compétences dans le domaine de l’audit : d’abord à New York, comme auditeur interne de la chaîne des Hôtels Intercontinental, où vous êtes la première femme nommée auditeur ; puis pour la société KPMG, ce qui vous conduira successivement à Montréal –entre 1980 et 1983- puis à Paris jusqu’en 1986.

Après un séjour en Guadeloupe, où vous suivez votre mari, vous prenez une année sabbatique pour vous occuper de vos enfants, alors en bas âge, puis vous repartez à Toronto et entrez chez Ernst & Young en 1989.

Mais l’attraction de Montréal, cette ville que vous aimez, est trop forte. Vous y revenez donc en 1995 –c’est au moins votre troisième séjour- pour y poursuivre une brillante carrière dans le cadre du Cabinet Ernst & Young. Associée en fiscalité, vous y devenez également responsable de la pratique Capital Humain. A ce titre, vous êtes notamment chargée de la fiscalité des expatriés dans le monde des compagnies canadiennes pour l’Est du Canada.

Grâce à votre talent et à votre force de travail, vous contribuez à faire croître les activités de ce secteur de manière remarquable.

En tant que seule associée de cette pratique à Montréal, vous la faîtes croître de 3 à 30 personnes aujourd’hui, grâce en particulier au développement des relations avec les entreprises françaises installées à Montréal comme les sociétés canadiennes faisant affaire en France, ce qui en fait la deuxième plus importante pratique d’expatriés au Canada.

Vous vous spécialisez notamment dans la mobilité internationale, et votre propre carrière est par elle-même une bien belle illustration de votre expertise. Votre clientèle comprend aussi bien de grandes sociétés que des PME , dans des domaines aussi variés que l’équipement de transport, le spectacle et la recherche médicale. Le secteur est particulièrement porteur, car la mobilité internationale du capital humain est aujourd’hui un enjeu majeur.

La France et le Québec ont du reste ouvert la voie en ce domaine, avec l’Entente sur la reconnaissance des qualifications professionnelles conclue en 2008 entre le Président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre Jean Charest.

L’enjeu est à présent d’aller dans le même sens au niveau de l’ensemble de l’Union Européenne et du Canada. Ainsi la mobilité du travail est-elle l’un des principaux enjeux des négociations en cours pour la conclusion d’un accord de partenariat économique particulièrement ambitieux entre le Canada et l’Union Européenne –et chacun sait le rôle d’impulsion joué par la France et le Québec dans ce cadre.

Chère Myriam, au-delà de cette vie professionnelle extrêmement riche et active, vous avez puisé en vous une énergie hors du commun pour prendre une part active aux activités communautaires, pour vous investir dans des activités d’intérêt général et satisfaire aussi vos passions.

Ainsi, dès votre arrivée sur le sol canadien vous rejoignez la Chambre de Commerce Française au Canada, d’abord à Toronto, puis à Montréal, où vous occupez successivement, avec un égal et plein succès, les fonctions de trésorière, puis de Vice-Présidente et enfin de membre du Bureau exécutif et de Présidente de la Chambre, fonction que vous occupez depuis juin 2008.

A travers vous, Chère Myriam, c’est aussi à toute l’équipe de la Chambre que je voudrais rendre hommage ce soir, et en particulier à votre prédécesseur William Hart et au vice président de la Chambre, notre ami Alain Lellouche, que je suis très heureux de saluer. Je souhaite vous féliciter tous chaleureusement pour la remarquable qualité du travail que vous accomplissez sous la présidence de Myriam.

Chère Myriam, vous vous engagez sans compter au service de la Chambre et vous contribuez à en faire une Chambre de grande envergure, à la fois très efficace et imaginative dans les nombreuses activités sociales et professionnelles organisées pour ses adhérents. Dans ce cadre, votre expérience exceptionnelle du monde des affaires en Amérique du Nord, que ce soit à Montréal, à Toronto ou à New York, vous confère une expérience et une légitimité uniques.

Ce faisant, vous contribuez très directement à la forte dynamique qui marque le partenariat économique entre la France et le Canada.

C’est à cette même dynamique que vous travaillez en tant que membre actif de la section des Conseillers du Commerce extérieur de la France pour le Canada, sous la bienveillante autorité de son président Alain Lellouche.

Au-delà de vos activités professionnelles, vous consacrez ainsi une part importante de votre temps à promouvoir tant le rayonnement économique de notre pays au Canada que le partenariat entre nos deux pays, en prodiguant des conseils individualisés, en animant de nombreux échanges et présentations et en publiant des articles et contributions pour diverses revues spécialisées sur les questions relatives à la fiscalité internationale et à la mobilité.

Tous ceux qui vous ont approchée sont impressionnés par votre inépuisable énergie comme par la qualité de votre accueil, de votre écoute et de vos conseils. Et derrière vos analyses toujours très articulées et très précises, transparaissent toujours votre très grand professionnalisme bien sûr mais aussi votre sens de l’éthique, votre humanité et –quoique vous en disiez- un certain optimisme de la volonté.

Avec tout cela, vous trouvez malgré tout l’énergie nécessaire pour assouvir votre passion de l’équitation, que vous pratiquez depuis longtemps.

Chère Myriam, c’est pour rendre hommage à vos exceptionnelles qualités professionnelles et humaines, comme aux éminents services que vous rendez aux entreprises françaises et au rayonnement de notre pays au Canada, que le Président de la République française a décidé de vous décerner la prestigieuse distinction que je vais à présent vous remettre.

Myriam Aoufir-Pairault, au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais Chevalier dans l’Ordre National du Mérite./.

Dernière modification : 16/08/2011

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