Intervention à l’occasion de la Fête Nationale (14-07-09)

Intervention de l’Ambassadeur de France au Canada
M. François Delattre
à l’occasion de la Fête Nationale


(Ambassade de France à Ottawa,
le 14 juillet 2009)

Mesdames, Messieurs,

Avec mon épouse Sophie et toute l’équipe de l’Ambassade, je suis très heureux de vous accueillir si nombreux pour célébrer ensemble notre Fête Nationale.

C’est un moment important pour nous tous, que nous allons commencer par les hymnes nationaux français et canadien ainsi que l’hymne européen.

Pour interpréter ces hymnes, nous avons le privilège d’accueillir le chanteur Noël Samyn et le Quatuor de l’Orchestre Symphonique de Gatineau. Né en Belgique, Noël Samyn est aussi saxophoniste –il a obtenu un premier prix de saxophone au Conservatoire royal de Bruxelles-, pianiste, compositeur et orchestrateur. Passionné de chanson française, il a déjà enregistré plusieurs albums.

Je suis très heureux également d’accueillir les membres du Quatuor de l’Orchestre Symphonique de Gatineau qui l’accompagnent : Michel Rondeau, Isabelle Arseneau, Eric Vaillancourt et Serge Filliatreault. Je les remercie tous chaleureusement d’avoir si généreusement accepté de se produire devant nous et pour nous ce soir. Après les hymnes et mon intervention, Noël Samyn nous chantera également certaines chansons françaises.

Je vous demande à présent votre attention pour les hymnes nationaux.

***

Madame et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Excellences, Messeigneurs,
Messieurs les Officiers Généraux,
Mesdames, Messieurs,
Chers compatriotes, Chers amis,

Je voudrais pour commencer souhaiter chaleureusement la bienvenue à chacune et chacun d’entre vous et vous remercier de partager avec nous cette célébration de notre Fête Nationale.

Nous avons beaucoup de personnalités importantes avec nous aujourd’hui. Je les ai accueillies individuellement bien sûr et je me permets donc de les saluer collectivement, avec un mot particulier pour reconnaître le chef de l’opposition officielle, M. Michael Ignatieff, dont la présence nous touche beaucoup.

Avec Sophie, nous avons tenu à inviter les enfants à cette réception, car il nous paraît important que nos enfants se sentent chez eux à l’ambassade de France et qu’ils se reconnaissent aussi dans notre pays et dans ses valeurs.

C’est d’autant plus vrai que nous fêtons aujourd’hui même le 220ème anniversaire de la prise de la Bastille. Il y a 220 ans en effet, le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille constituait l’acte fondateur de la Révolution française, dont les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ont acquis depuis lors une dimension universelle. C’est pourquoi cet évènement historique est célébré en France bien sûr mais aussi dans le monde entier.

Alors pour marquer cet évènement, pour honorer les Français et les amis de la France que vous êtes, nous avons souhaité avec Sophie vous offrir une réception spéciale, et je tiens d’abord à remercier nos généreux sponsors qui l’ont rendue possible.

Une reconnaissance particulière à Joël-Marc Frappier, fondateur de « Fleurs signées » et président de l’Académie canadienne d’art floral, pour avoir conçu et réalisé ce très beau décor. C’est aussi en partenariat avec Joël-Marc Frappier que nous organiserons ici même, le 17 octobre prochain, un grand Gala au bénéfice de la recherche contre le cancer du sein.

Un grand merci aussi de tout cœur à l’équipe du Cordon Bleu, représentée par Mme Sylvie Sofy, qui a préparé pour vous deux superbes pièces montées, une sculpture de fruits et légumes réalisée par le chef Armando, qui est champion du monde en ce domaine, ainsi que de délicieux desserts et qui met gracieusement ses équipes à notre disposition pour vous servir, le tout avec l’excellence qui est la griffe du Cordon Bleu.

Tous nos remerciements enfin aux Champagnes Louis de Sacy pour leur généreuse contribution pour le champagne que nous ouvrirons juste après mon discours –ce qui est une incitation pour moi à ne pas être trop long.

Permettez-moi aussi de remercier les membres de l’ambassade qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour préparer cet évènement : notre maître d’hôtel Jean-Sébastien Malouin et son équipe, notre chef exécutif Patrice Moh-Elloh et notre chef pâtissier Gilles Gourdet, notre intendant André Lévesque, nos organisatrices Sita Reich et Fouzia Dine, et tous nos volontaires et nos équipes.

Mesdames, Messieurs, notre Fête Nationale est d’abord un moment privilégié d’amitié et d’unité pour nos compatriotes qui vivent à Ottawa, Gatineau et dans la région, et pour tous les Français du Canada. Je voudrais donc saluer à travers vous nos 150 000 compatriotes vivant au Canada, qui constituent l’une des plus importantes communautés françaises à l’étranger.
Je sais combien vous êtes profondément attachés à notre pays et combien vous êtes des acteurs essentiels de la relation entre la France et le Canada.

Nous avons donc besoin de vous, de votre engagement et de vos conseils. Dans le même esprit, je voudrais dire à nos compatriotes que cette Ambassade est la vôtre, que cette maison est la vôtre et que vous y êtes chez vous. Je souhaite que la communauté française d’Ottawa et de l’ensemble du Canada, dans la diversité de ses convictions et de ses engagements, se reconnaisse dans mon action et dans celle de cette Ambassade.

Au-delà même de la communauté française, permettez-moi aussi d’adresser un salut chaleureux à tous nos amis francophones du Canada.

Je pense à nos amis du Québec bien sûr, avec qui nous avons célébré l’année passée le 400ème anniversaire de la fondation de la ville de Québec et avec qui la France entretient des relations particulières, que le Président de la République a qualifiées de "fraternelles".

Je pense aussi à nos amis acadiens, qui sont également si chers à notre cœur. Nous célébrerons avec eux le mois prochain le Congrès Mondial Acadien, qui se tiendra dans le Nouveau-Brunswick et auquel j’aurai le plaisir de participer. A ce sujet, permettez-moi de vous dire combien j’ai été ému en participant il y a quelques jours aux obsèques du très honorable Roméo LeBlanc, le premier Gouverneur Général du Canada d’origine acadienne.

Et puis je pense aussi bien sûr à toutes les autres communautés francophones du Canada, qui rassemblent un million de personnes : les Franco-Ontariens, qui sont nombreux avec nous aujourd’hui et que je voudrais saluer tout particulièrement, mais aussi les Franco-Manitobains, les Franco-Albertains et tous les autres. Soyez assurés que nous ne les oublions pas.

Au nom de la France, je voudrais exprimer à tous les francophones du Canada notre admiration et notre reconnaissance pour leur attachement exemplaire à la langue française et à notre culture. Pour la façon dont ils ont su, dont ils savent rester eux-mêmes, dont ils savent défendre leur identité et leur héritage tout en contribuant à édifier ce grand et magnifique pays qu’est le Canada.

Je voudrais aussi souhaiter la bienvenue à tous nos amis non francophones, qu’ils soient canadiens ou d’autres nationalités, qui ont souhaité partager ce moment d’amitié avec nous.

I would like to extend a warm welcome to all our non-French speaking friends, whether Canadians or from other countries, who are kind enough to share this celebration with us. I would like to thank them all warmly for being with us tonight. Their presence means a lot to all of us.

Mesdames, Messieurs, célébrer notre Fête Nationale, c’est aussi célébrer les valeurs communes qui fondent l’amitié entre la France et le Canada.

Notre pays, avec la grande aventure de Samuel de Champlain et de la Nouvelle France, a joué un rôle majeur dans la naissance du Canada –un Canada qui, il faut le rappeler, est né en français.

En sens inverse, comme l’a souligné le Président de la République le 6 juin dernier, pour le 65ème anniversaire de D-Day, en accueillant le Premier ministre Stephen Harper sur les plages de Normandie, nous n’oublierons jamais l’engagement des soldats canadiens à nos côtés durant les deux guerres mondiales. Nous n’oublierons jamais leurs actions héroïques à Beaumont-Hamel en 1916, sur la crête de Vimy en 1917, à Dieppe en 1942, à Juno Beach en 1944 et dans l’année qui a suivi.

Sur le socle de ces valeurs communes, l’année écoulée a été réellement exceptionnelle sur le plan de la relation entre la France et le Canada, et le contexte ne peut pas être plus favorable aujourd’hui pour renforcer notre partenariat.

C’est vrai dans le domaine politique et diplomatique. Le 400ème anniversaire de la fondation de Québec, qui a été marqué notamment par la visite du Président de la République en octobre dernier, a permis de donner une forte impulsion à notre relation avec le Québec mais aussi avec le Canada dans son ensemble.

A titre d’exemple, l’Entente sur la reconnaissance des qualifications professionnelles, que le Président Nicolas Sarkozy et le Premier Ministre québécois Jean Charest ont signé ensemble en octobre dernier à Québec, est aujourd’hui une source d’inspiration pour notre coopération avec l’ensemble du Canada.

De même, la France, le Canada et le Québec ont donné ensemble une importante impulsion à la francophonie lors du Sommet de la Francophonie qui s’est tenu également en octobre dernier à Québec. De ce point de vue j’ai une bonne nouvelle : avec mes collègues concernés, nous avons créé il y a quelques jours un groupe francophone, un groupe des chefs de mission diplomatiques francophones accrédités à Ottawa. Nous serons ainsi mieux en mesure de promouvoir ensemble, depuis Ottawa et en partenariat avec nos amis canadiens, les priorités de la francophonie.

Plus largement, la France et le Canada ont développé une concertation très étroite sur l’ensemble des grands dossiers internationaux, du Proche-Orient à Haïti en passant par l’Afghanistan, l’Afrique et la situation en Iran. Sur tous ces sujets, et sur bien d’autres, le Canada peut compter sur le partenariat étroit de la France en vue de la présidence canadienne du G8 en 2010. Une présidence qui constituera certainement un temps fort de notre coopération bilatérale.

Cette nouvelle dynamique dans la relation entre nos deux pays est particulièrement marquée également dans le domaine économique. La France est aujourd’hui, selon les années, le 3ème ou le 4ème investisseur étranger au Canada, où nos entreprises emploient plus de 65.000 personnes.

Et la présidence française de l’Union Européenne au second semestre de l’année dernière a permis de mettre sur les rails un partenariat économique dit « de nouvelle génération » entre l’Union Européenne et le Canada, avec l’objectif de conclure la négociation dans un délai de deux ans.

Il s’agit d’une initiative majeure : c’est la première fois que l’Union Européenne, avec ses 500 millions d’habitants, engage la négociation d’un accord économique aussi ambitieux avec un grand pays industrialisé. Et notre pays a joué un rôle d’impulsion dans cette initiative.

Dans le même esprit, l’Union Européenne s’est affirmée comme l’un des pôles majeurs d’influence et d’action du monde multipolaire qui se dessine sous nos yeux. La France, durant sa présidence de l’Union, a pesé de tout son poids en ce sens. On l’a vu en particulier dans la gestion de la crise financière, dans laquelle l’Union Européenne, sous l’impulsion notamment du Président de la République, a joué un rôle moteur dans le cadre du G20.

Je vous disais il y a quelques instants que la France est aujourd’hui l’un des tout premiers investisseurs au Canada. Et bien symétriquement, la France est aujourd’hui la deuxième terre d’accueil des investissements directs étrangers dans le monde, derrière les Etats-Unis.

Ceci reflète l’ampleur des atouts de notre pays sur le plan économique. Je voudrais simplement en citer trois, parmi beaucoup d’autres :

- l’atout démographique d’abord : avec un taux de natalité de deux enfants par femme, la France constitue une exception démographique en Europe. Nous sommes aujourd’hui, devant l’Irlande, le seul pays européen dont la natalité assure le renouvellement des générations ;

- l’atout entrepreneurial ensuite : la France n’a jamais créé autant de nouvelles entreprises : 350 000 entreprises créées au cours des douze derniers mois, 50.000 pour le seul mois de mai, ce qui marque un accroissement spectaculaire par rapport aux années précédentes. C’est un signe particulièrement révélateur de la vitalité de l’économie française, qui nous permet aussi de rappeler que le mot "entrepreneur" est bien un mot d’origine française ;

- l’atout technologique enfin : la France est l’un des leaders mondiaux dans le domaine des sciences et des hautes technologies, et c’est le cas en particulier pour la nouvelle révolution industrielle qui se profile dans les industries du développement durable. La gestion de l’eau, l’industrie de l’environnement, les transports, l’énergie au sens large : autant de domaines où il existe un très fort potentiel pour des coopérations et partenariats entre la France et le Canada.

Et de ce point de vue, je me réjouis que la coopération scientifique soit l’un des domaines les plus dynamiques du partenariat entre nos deux pays, à travers notamment les accords conclus entre nos centres et instituts de recherche ainsi que les accords de co-tutelle de thèse de très haut niveau que nous développons avec les universités canadiennes.

*

Mesdames, Messieurs, n’oublions jamais, et je terminerai par là, que l’amitié entre la France et le Canada, si elle s’appuie bien sûr sur des intérêts convergents, repose aussi sur une histoire commune et des valeurs partagées. C’est cela qui lui confère son caractère unique.

Et bien ces valeurs qui nous sont communes, et que nous célébrons en ce 14 juillet, constituent aujourd’hui encore, face aux grands défis de notre temps, notre meilleure boussole et notre meilleur guide pour l’action.

Alors Vive la France !

Vive le Canada !

Et vive l’amitié entre nos deux pays !

Dernière modification : 09/01/2018

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