Conférence avec Maryam Madjidi, romancière de l’exil

L’ambassade de France a organisé une discussion avec Maryam Madjidi , animée par Mélanie Rivet, Directrice générale adjointe, Salon du Livre de l’Outaouais, le jeudi 18 octobre 2018 à 17h30.

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Qui est Maryam Madjidi

JPEG Maryam Madjidi est née trois fois : en 1980 à Téhéran, en 1986 lors de son arrivée à Paris et en 2003, année de son premier retour en Iran. De ses trois naissances, elle a tiré un récit poétique et très sensible, « Marx et la poupée », son roman autobiographique.
Ses parents communistes sont contraints à l’exil aux premières heures de la révolution iranienne. Voilà donc la petite Maryam, 6 ans, sommée de donner ses jouets aux enfants du quartier, de laisser sa grand-mère adorée et de quitter son pays. Sommée aussi d’abandonner sa langue, le persan, pour en parler une autre, le français. Une langue qu’elle va finir par aimer si fort qu’elle en oubliera peu à peu celle de ses origines… jusqu’à la réconciliation des deux grâce à l’écriture et à la littérature.

À 12-13 ans, Maryam se rêve en médecin sans frontières. L’adolescente veut « partir en Afrique pour faire de l’humanitaire ». C’est sans compter un « super prof de français » au collège, qui lui donne envie de faire des études littéraires et d’être à son tour enseignante. Elle met alors le cap sur la Sorbonne pour une maîtrise de littérature française générale et comparée. Là, elle choisit d’étudier deux grands auteurs iraniens : le poète Omar Khayyām et le romancier Sadegh Hedayat. L’occasion de revenir en Iran pour quelques recherches documentaires en persan.
La confrontation avec l’Iran provoque chez Maryam Madjidi « une vraie crise identitaire ». « Je sublimais ce pays. Je voulais y rester, j’étais dans le délire de mes origines », raconte-t-elle. L’écriture la sauvera. Elle a toujours écrit, même enfant. Des poésies, des contes. « Après mon retour en Iran, j’ai compris que mon pays, c’était ma langue. Je me suis apaisée et réconciliée en écrivant, en français, sur l’Iran. »

Aujourd’hui, Maryam Madjidi travaille dans un centre d’accueil et d’orientation de mineurs étrangers isolés de la Croix-Rouge. Elle y donne des cours de français langue étrangère et de théâtre à des « adolescents fantastiques, dotés d’une force de vie incroyable ». La jeune auteure animera bientôt un atelier d’écriture dans la classe de son ancien prof de collège, celui-là même qui lui a donné la vocation d’enseigner. Une jolie façon de boucler la boucle.

Résumé du livre

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Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes –, l’effacement progressif du persan au profit du français, qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement.
Dans ce récit, qui peut être lu comme une fable ou un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines en tant que fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive. (Éditions Heliotrope)

(Source : www.francealumni.fr)

Dernière modification : 24/10/2018

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